De l’abri antiatomique au datacenter

Il y a quelques semaines, Scaleway fêtait son 21e anniversaire. 21 ans déjà que nous menons une révolution dans le secteur de l’hébergement: d’Online Dedibox à Scaleway Elements, nous sommes fiers d’être le fournisseur à la croissance la plus rapide au monde.

Grâce à votre confiance, nous allons désormais passer à la vitesse supérieure en créant notre première région multi-AZ à Paris. Un nouveau jalon nous permet d’offrir une résilience sans égale pour un hébergeur Cloud européen.

Le multi-AZ n’est possible qu’avec 3 Zones de Disponibilités (ou AZ) par régions. C’est donc avec honneur que nous vous présentons fr-par-3. Scaleway a su mettre à profit son expertise de plus de vingt ans pour transformer un bunker en datacenter. Découvrez comment.

L’ancien abri antiatomique

Autrefois appelé “Abri Lefebvre”, fr-par-3 était un bunker de défense passive, construit entre 1937 et 1939 sous le laboratoire de l’École des Ponts et Chaussées. Ce laboratoire était alors situé sur l’emplacement d’une carrière désaffectée datant du XVIIe siècle. La carrière est d’une profondeur de 26 mètres et protégée par une couche de calcaire de 10 mètres d’épaisseur.

Les travaux de construction ont duré de 1937 à 1939. À l’époque, le complexe était conçu pour abriter jusqu’à 90 personnes pour une surface de 650 mètres carrés. Le gros des travaux consistait à renforcer la carrière et à rendre l’abri accessible au moyen d’un étonnant escalier en double spirale.

En avril 1964, dans un contexte de Guerre Froide, l’Aviation Civile a repris la gestion de l’abri et s’est alors lancé dans un projet de grande ampleur : transformer le bunker en abri antiatomique.

L’objectif était d’accroître la surface de l’abri jusqu’à 950 mètres carrés pour accueillir jusqu’à 300 personnes. Les travaux d’extension devaient durer quatre à six mois et portaient sur le côté sud de la carrière.

L’endroit a également été modernisé avec l’installation d’un système de ventilation en circuit fermé, d’un groupe électrogène de secours fonctionnant au diesel, d’un commutateur téléphonique automatique et connecté aux autres bunkers parisiens, ainsi que d’un système d’eau courante.


L’abri a alors été déclaré opérationnel et classé secret défense jusqu’à son abandon en 1991. La décision du gouvernement français d’arrêter l’entretien de l’abri est en partie due à une caricature de Cabu, parue dans le journal satirique Charlie Hebdo.

Le bunker a ensuite été abandonné pendant 20 ans durant lesquels il est devenu un site emblématique des catacombes, et a subi dégradations et vols.

La transformation par Scaleway

En 2011, le gouvernement français, alors propriétaire du bâtiment, a pris la décision de relocaliser le laboratoire central des Ponts et Chaussées en banlieue parisienne. Il a donc été rénové, puis divisé en lots pour être vendu et réhabilité comme habitat collectif.

Le bâtiment principal et l’abri ont été vendus séparément par appel d'offres. Scaleway SAS (anciennement Online SAS), qui avait pour projet de construire un datacenter à la place, a conclu l’affaire en septembre 2012. Le nom de code du projet était DC4.

Peu de temps après l’acquisition du bâtiment, nous nous sommes lancés un défi : transformer le site en datacenter haut de gamme. L’emplacement de cet abri antiatomique, en plein cœur de Paris, son passé historique et sa quasi impénétrabilité lui donnaient un caractère unique.

Un défi monumental, à la mesure de la créativité et des compétences de nos équipes.

La première étape des travaux a été de retirer les équipements présents à l’intérieur du bunker et d'aménager le sol, le plafond et les murs pour accueillir le futur équipement. Cette première phase a duré environ un an.

Puis, nous avons construit une trémie de 25 mètres de profondeur depuis la surface afin d’y installer un monte-charge. Durant cette période, plus de 360 tonnes d’équipement et de remblai ont été évacués du bunker, dégageant l’espace et permettant ainsi de passer à la deuxième phase du projet : les travaux de soubassement et le gros œuvre.

Pour ce projet, il a fallu une dalle ultra-résistante capable de supporter le poids des équipements informatiques et d’alimentation électrique. Chacune des baies C14 pesait plus d’une tonne, et reposait sur une surface de moins d’un mètre carré.

De plus, pour rendre l’abri complètement autonome, nous avons dû installer plus de 100 tonnes d’équipement de distribution électrique : batteries, UPS et transformateurs. Enfin, il nous a fallu rendre le bunker complètement étanche, ce qui a été un grand défi.

Pour pallier cette difficulté, nous avons employé des méthodes et techniques de pointe. Nous avons travaillé avec SOTEM, une entreprise spécialisée dans les travaux d’étanchéité, et connue notamment pour les travaux qu’elle réalise régulièrement sur le métro parisien.

Nous avons comblé les fuites par des injections de résine expansive. Nous avons posé des canalisations dans chaque salle. Nous avons ensuite appliqué trois couches de revêtement imperméable en résine sur les murs de chaque salle. Pour la dernière couche, nous avons mélangé de la silice à la résine afin de préparer la surface à la prochaine étape, la pose de carrelage, le même que celui que l’on voit sur les murs du métro. Cette opération a nécessité plus de 3 000 mètres carrés de carrelage.


En 2016, nous avons déployé notre premier produit à DC4 : C14, notre offre de stockage à froid, qui allait s’appeler “Scaleway Cold Storage”.

En 2021, notre “databunker” a été promu au rang de Zone de Disponibilité. Avec notre première région complète, nous rendons Paris toujours meilleur !

12 ans d’expertise et d’excellence

Nous espérons que vous avez apprécié cette petite visite d’un des trésors méconnus de Paris. Si vous voulez en apprendre davantage sur ce que Scaleway fait chaque jour, voici quelques articles :