Quand on pense à l’évolution humaine, on se représente souvent cette images des générations qui se sont succédées, démarrant de l’australopithèque courbé et les mains au sol, jusqu’à l’homo sapiens se tenant droit debout, sur le chemin de la technique, inventant et maîtrisant des armes et des outils de plus en plus complexes.

Je me représente de façon similaire, quoique dans un contexte différent, l’évolution des infrastructures de serveurs utilisées pour créer et héberger les logiciels. Laissez-moi vous détailler ma vision des 5 étapes de cette transformation !

Étape 1 : la propriété (les serveurs sur site)

Pour un fournisseur de technologie, il serait facile d’oublier que certaines entreprises n’éprouvent pas le besoin ou l’envie d’utiliser des solutions cloud. D’après une étude récente menée en dans l’Union européenne (source: Eurostat), seules deux entreprises sur cinq (41 %) ont déclaré utiliser des services de calcul cloud. Ce chiffre augmente rapidement, avec une hausse de 5 points de pourcentage par rapport à 2020. Certes, il varie en fonction de la taille du pays et de l’entreprise, mais il n’en demeure pas moins un fait avéré. Ainsi, même si votre entreprise est spécialisée dans le développement logiciel, il est possible qu’elle n’utilise que ses propres serveurs, soit en raison de son héritage logiciel (qu’il serait trop difficile ou onéreux de faire migrer ou évoluer), soit pour des raisons de sécurité. Cependant, cette stratégie engage l’entreprise sur le long terme puisqu’elle aura à acheter, réceptionner et configurer elle-même son équipement informatique. Or, pour l’amortir sur plusieurs années, il faut que cet équipement supporte ses besoins  dans le temps. C’est pourquoi il est souvent surdimensionné.

Étape 2 : la physicalité (les serveurs dédiés hébergés)

Pour se détacher de la gestion des équipements, le premier pas consiste généralement à louer un serveur dédié. Fiable et facile d’utilisation, ce dernier répond aux besoins peu complexes comme l’hébergement de votre site web ou le traitement de vos emails, mais s’adapte aussi à des usages plus exigeants comme la gestion d’applications. Cela ne représente qu’un engagement à moyen terme car le serveur se loue au mois et vous avez ainsi la possibilité d’évoluer à votre rythme. Plus important, vous gardez contact avec la réalité concrète de votre serveur. Vous connaissez son emplacement  au numéro de rue près, vous savez qu’il existe physiquement. Il n’est qu’à vous (pendant la durée de location). Vous pouvez prendre vos aises, contrôler sa configuration dans les moindres détails et l’ajuster parfaitement à vos besoins. Nos clients sont attachés à leurs serveurs Dedibox et ils nous le disent ! C’est un très solide point de départ pour vous libérer d’une partie de la gestion d’équipement informatique, mais ce n’est pas encore le cloud.

Étape 3 : la flexibilité (l’infrastructure à la demande)

Depuis une vingtaine d’années, la virtualisation a occasionné de grands changements dans la création et l’hébergement d’infrastructures, depuis les applications monolithiques jusqu’aux microservices. Votre flotte de serveurs est devenue élastique, s’adaptant à vos besoins en quelques minutes. Fini l’engagement à long terme, grâce à la facturation à l’heure, vous pouvez ajuster votre infrastructure rapidement pour l’adapter à votre activité (et non l’inverse). En cas d’augmentation du trafic sur votre site d’e-commerce, pendant les soldes d’hiver par exemple, des instances peuvent être ajoutées et retirées de façon dynamique et vous n’êtes facturé que sur ce que vous consommez. L’optimisation est à l’honneur. 71 % des entreprises qui recourent au cloud utilisent déjà l’infrastructure à la demande pour bénéficier de ces avantages.

Étape 4 : la délégation (solutions managées)

Pourquoi se fatiguer à manager ses serveurs ? Grâce aux conteneurs, vous n’avez besoin que de Kubernetes managé pour déployer et faire évoluer vos applications. Vous pouvez même recourir à plusieurs fournisseurs de cloud avec Kosmos. Même chose pour vos bases de données : pas besoin de les installer, de les mettre à jour ou de les rendre redondantes par vous-même, tout est managé pour vous. Concentrez-vous sur vos applications, on s’occupe du fonctionnement de vos bases de données. Vous gagnez un temps précieux que vous pouvez consacrer à ce qui apporte réellement de la valeur à votre entreprise. Cependant, c’est une nouvelle façon de concevoir son infrastructure et seules 21 % des entreprises ont atteint cette étape de l’adoption du cloud.

Étape 5 : l’ascension (Serverless Functions)

Et maintenant, oublions jusqu’à la notion même de serveur. Prenez votre forme ultime  (avant d’être remplacé par une IA) et exécutez votre code à la demande grâce à Serverless Functions. Vous n’avez ni besoin d’approvisionner, ni de manager votre infrastructure. Grâce aux déclenchements à la demande, votre code s’exécute automatiquement et vos ressources sont dimensionnées de zéro à l’infini. Nous nous occupons des équipements physiques, concentrez-vous sur votre code.

Une seule question demeure : à quel point étape de l’évolution êtes-vous ?

Avant de répondre (et de vous sentir offensé), sachez qu’il s’agit d’une question piège. La plupart de nos clients ne peuvent être rangés dans une seule case. En plus de vingt ans d’évolution des technologies du cloud, les entreprises ont toutes évolué à leur rythme, en fonction de leurs besoins, capacités et gains attendus.

La plupart des entreprises suivent cette règle simple et pragmatique : « le mieux est l’ennemi du bien ». On ne touche à rien sauf si une amélioration représente un avantage conséquent (le plus souvent financier). Cependant, au moment de se lancer dans de nouveaux projets, il vaut mieux se renseigner sur les meilleures pratiques pour être sûr de faire le bon choix.

Chez Scaleway, en tant que fournisseur multi-cloud européen, notre philosophie consiste à vous offrir une vaste sélection des meilleurs outils du marché afin de vous laisser évoluer à votre rythme, pour un minimum de contraintes et un maximum de fiabilité. Nous continuerons à aider les développeurs, quel que soit leur niveau d’évolution, à construire leurs infrastructures et à adopter les nouvelles technologies du cloud, sans friction.