Avec la crise sanitaire, les ventes en ligne lors du Black Friday, du Cyber Monday et des fêtes de Noël pourraient battre de nouveaux records. Pour absorber ces pics d'activité, les cybercommerçants devront s'appuyer sur une infrastructure scalable et évolutive que seules les technologies du cloud peuvent apporter.

Black Friday, Cyber Monday, Noël… La fin de l'année s'annonce particulièrement chargée pour les e-commerçants. Le contexte actuel devrait encore doper les ventes en ligne, la crise sanitaire incitant les consommateurs à privilégier les plateformes numériques au commerce physique. Une récente étude de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad) montre combien la période du confinement a modifié le comportement d'achats des Français.

Dans les prochaines semaines, les e-commerçants doivent donc se préparer à absorber d'importants pics d'activité afin de ne pas voir leurs plateformes "tomber" sous l’affluence des visiteurs. Par leur scalabilité et leur évolutivité, les infrastructures cloud constituent, depuis maintenant plusieurs années, une réponse évidente à ces effets de saisonnalité.

"L'industrie cloud est née avec le développement de l'e-commerce", rappelle Gautier Crepin, solutions architects manager chez Scaleway. Amazon a dû provisionner d'importantes capacités d’infrastructure pour assurer l'essor du premier site marchand mondial. En capitalisant sur ce savoir-faire, le groupe américain crée la filiale Amazon Web Services (AWS).

Des services cloud taillés pour l'e-commerce

Scaleway compte un grand nombre de références dans le domaine du commerce en ligne et plusieurs de ses services cloud ont été pensés spécifiquement pour l'e-commerce. Service de stockage d’objets basé sur le protocole S3, Object Storage permet, par exemple, de stocker tous les visuels et les fiches d'un catalogue produits. La structure plate du stockage objets se prête à la manipulation de données manipulées très fréquemment.

"C'est un enjeu clé pour un e-commerçant, soutient Gautier Crepin. Même lors des pics de fréquentation, la page web d'un produit doit charger rapidement les images associées." Selon une étude de KissMetrics, 40% des visiteurs quittent un site si ses pages mettent plus de 3 secondes à se charger. Les bases de données doivent offrir la même agilité. De la création de compte à la gestion des commandes, elles seront très sollicitées en cette fin de l'année.

Scalable, l'infrastructure doit ensuite absorber les hausses ponctuelles d’activité sans avoir à payer pour le même volume de trafic toute l’année. Le cloud permet en toute transparence pour l'utilisateur d'automatiser le provisionnement et la configuration de nouveaux serveurs.

L'étape suivante est la containerisation. En ajoutant des machines virtuelles et non des serveurs physiques, l'e-commerçant gagne de précieuses secondes. En version finale depuis mars 2020, Kapsule, l'offre de Kubernetes as a Service de Scaleway permet de s’affranchir de la configuration, de l’exploitation et de la maintenance de cet orchestrateur de containers.

En revanche, selon notre expert, l'industrie du e-commerce ne prend pas assez avantage des nouveaux modes de déploiement comme Serverless, qui permet comme son nom l'indique de ne plus se soucier de la configuration des serveurs. Les e-commerçants qui utilisent ces services laissent les industriels Cloud adapter eux-mêmes la capacité de leurs applications à ces pics.

Performances techniques et gains économiques

Un autre atout du cloud, c'est le load balancing appliqué à plusieurs zones géographiques (Multi-Availability Zone, Multi-AZ). Une plateforme d'e-commerce peut réaliser 10 % de son chiffre d'affaires sur une journée. Pour ne pas prendre le risque que la défaillance d'un datacenter annule cette espérance de gains, elle va faire appel à d'autres sites géographiquement distants.

Cette redondance évite la dépendance à un seul point d'un système d'information (Single point of failure, Spof) dont une panne entraîne l'arrêt complet de ce dernier. "On peut supposer qu'avec la crise sanitaire, les e-commerçants vont surréserver des capacités d'infrastructure en prévision de la fin de l'année, anticipe Gautier Crepin. Cela a été déjà le cas durant le confinement."

Au-delà des performances techniques, le cloud permet aussi de réaliser des gains économiques. Le cyber marchand n'a plus à investir dans une infrastructure en propre puis à la maintenir et à la faire évoluer. En optant pour la location de services, il transforme des dépenses d'investissement (CapEx) en dépenses d'exploitation (OpEx).

Souveraineté juridique et technologique

Dans ses critères de choix, l'e-commerçant dispose, en 2020, d'une véritable alternative française aux géants américains du cloud public. La plateforme de Scaleway a atteint un niveau de maturité équivalente tout en répondant aux enjeux de souveraineté avec un hébergement des données exclusivement sur le sol européen (datacenters en Ile-de-France, à Amsterdam et Varsovie).

Sur le plan juridique, cette préférence nationale est une manière de se prémunir de la menace du Cloud Act qui contraint les providers américains à transmettre des informations personnelles sur leurs utilisateurs dans le cadre d'enquêtes judiciaires, même si les données ne sont pas hébergées sur le sol états-unien.

La souveraineté passe aussi par la capacité pour les entreprises d'e-commerce d'assurer à tout moment la réversibilité ou la migration de ses données d'un cloud à un autre. "En s'appuyant sur les standards du marché et en faisant un large appel aux briques open source, Scaleway met en œuvre les conditions de cette portabilité", avance Gautier Crepin.

Scaleway s'est, par ailleurs, engagée dans le projet de cloud souverain européen GAIA-X en tant que membre co-fondateur. GAIA-X vise à faire émerger un ensemble de standards communs afin de garantir l’interopérabilité des services cloud et instaurer des environnements de confiance.