La Direction générale des entreprises (DGE) du ministère de l’Economie, des Finances et de la Relance a publié, le 11 février 2021, dans l’attente d’une validation finale, les premières lignes directrices relatives à la stratégie d’accélération “cloud et verdissement du numérique”.

La DGE explique notamment le besoin d’une stratégie car “les acteurs français et européens, publics comme privés, ont massivement recours à des services de Cloud pour héberger et traiter leurs données. Or les principaux fournisseurs de ces services sont des entreprises extra-communautaires parfois soumises à des législations à portée extraterritoriale pouvant menacer la souveraineté sur nos données, voire même nous priver d’autonomie stratégique”.

La DGE annonce que cette stratégie s’appuiera sur 5 priorités, toutes articulées avec l’échelon européen :

  1. Renforcer notre souveraineté numérique en soutenant la création et l’usage de solutions de confiance, c’est-à-dire, de solutions qui protègent les données des citoyens, des entreprises et des administrations françaises, conformément aux valeurs européennes.
  2. Soutenir le développement de l’offre de la filière industrielle française du Cloud, et promouvoir l’interopérabilité, la portabilité et la réversibilité.
  3. Soutenir la recherche, le développement et l’innovation dans les domaines du Cloud avec un fort potentiel de création de valeur tels que l’Intelligence Artificielle, la 5G ou le edge computing.
  4. Soutenir le verdissement de la filière Cloud.
  5. Soutenir la formation aux technologies du Cloud.

Ces premières annonces autour de la stratégie d’accélération laissent présager d’orientations très positives. Il s'agit d'une démarche vertueuse que nous ne pouvons que saluer. Nous sommes en ligne avec le constat tiré par la DGE: les implications sur les fournisseurs d’infrastructures et de services de cloud des législations non-Européennes à portée extra-territoriale ont encore tendance à être mal comprises voire sous-estimées. Il s’agit pourtant de la première des menaces pour la sécurité et la souveraineté des données de nos clients.

Nous sommes convaincus que l’avenir du cloud, c’est le multi-cloud, c'est-à-dire une approche qui donne aux intégrateurs et aux clients la possibilité de se déployer facilement sur n'importe quel service cloud, quel qu’en soit le fournisseur -- en l'occurence, via des standards du marché comme S3 ou Kubernetes, ou des approches d'orchestration comme Terraform. De ce fait, les questions d’interopérabilité, de réversibilité et de portabilité entre les écosystèmes cloud sont clés pour mettre sur le marché une offre pragmatique et compétitive. C’est dans cet état d’esprit que Scaleway s’est investi au sein de l’initiative Gaia-X, comme membre fondateur et du Conseil d’administration. Il est donc très encourageant que ces enjeux constituent un axe d’effort à part entière de cette stratégie d’accélération.

En ce qui concerne le verdissement du cloud prôné par la DGE, chez Scaleway, nous avons déjà proactivement mis en place une stratégie environnementale audacieuse depuis près de deux décennies. Nous sommes fiers aujourd’hui de montrer l’exemple, nos data centers comptant parmi les plus efficients sur le plan énergétique en Europe. Alors que la question de la consommation -et du gaspillage- d’eau potable reste encore un sujet tabou dans notre secteur, nous espérons que cette stratégie d’accélération permettra de poser des ambitions claires, partagées par toute la filière en la matière, pour faire de la France un leader du cloud pleinement respectueux de l’environnement en Europe, et dans le monde.